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We have entered an endless recursion of time…

/!\ Warning: This article contains SPOILERS /!\

Si vous avez suivi de près ou de loin l’actualité japanimationesque (dieu merci, ce mot n’existe pas) des derniers mois, vous n’avez pas pu passer à côté d’Endless Eight !

*le tonnerre résonne au loin*

Mais qu’est donc Endless Eight ? A vrai dire, il n’y a pas vraiment de réponse à cette question ; pour comprendre ce qu’est Endless Eight, vous n’aurez d’autre choix — oui vous, devant votre écran – que de l’explorer vous-même…

Take the red pill...

Take the red pill...

Endless Eight : n.m. Troisième cause de décès en 2009 après la cigarette et Chuck Norris.

Arrêtons les pitreries un instant : Endless Eight est en fait le titre d’un arc de l’anime Suzumiya Haruhi no Yūutsu, qu’il n’est nul besoin de présenter (c’est pour ça que j’ai inclus un lien). Le principe ? Haruhi s’enferme inconsciemment avec ses camarades — et l’humanité, il ne faudrait pas l’oublier — dans une boucle temporelle qui répète à l’infini la période du 17 au 31 août (an endless summer, so to speak). A l’infini ? Pas tout à fait, puisque Kyon finit par trouver le moyen de pousser Haruhi à restaurer la ligne temporelle, après 15532 itérations (si je ne m’abuse), ce qui équivaut à des vacances d’été de plus de 500 ans. Relativisons la chose en gardant à l’esprit que l’humanité n’a gardé aucun souvenir de ces répétitions, et que seul l’entourage de Haruhi bénéficiait d’une impression de déjà vu d’une fois sur l’autre.

ah...déjà vu!

ah...déjà vu!

Il existe cependant un personnage qui a gardé en mémoire chaque cycle : Nagato Yuki. Son lien avec l’entité pensante d’intégration des données lui a sans aucun doute permis cette prouesse, bien que le véritable exploit ait été de conserver sa santé mentale.

買った。

買った。

Dans l’oeuvre originale (c’est à dire la light novel), l’histoire est bouclée en quelques pages tout au plus. Mais là où les choses se corsent, c’est que l’anime s’étale sur 8 épisodes (oui, vous avez bien entendu) pour conter Endless Eight. Bien sûr, des films ou épisodes similaires existent en nombre : comment ne pas mentionner Groundhog Day (Un jour sans fin en VF) qui est ni plus ni moins la référence du genre ?

wake up...

wake up...

Je ne peux pas non plus m’empêcher de citer Window of Opportunity, un épisode culte de Stargate SG-1 qui reprend le même principe (et se permet même quelques clins d’oeil à Groundhog Day).

Mais ce qui démarque vraiment Endless Eight, c’est que Kyoto Animation a poussé le principe jusque dans ses retranchements en animant intégralement huit épisodes (il ne s’agit pas d’un copier/coller facile d’une fois sur l’autre) quasiment identiques. Seuls changent quelques détails (comme le masque de Yuki, voir plus haut) ou les techniques cinématographiques utilisées. D’ailleurs, on peut parier que vous ne vous concentrerez plus que sur elles au bout de quelques épisodes, étant donné que le scénario et les répliques n’auront plus de secret pour vous.

Thats all, you say?

That's all, you say?

Ici, par exemple, plusieurs univers semblent se superposer grâce à cette technique dont j’ignore le nom (inculte que je suis) mais qui évoque une répulsion mutuelle des couleurs primaires, comme si ces dernières avaient décidé de faire bande à part. L’implication semble simple : le spectateur est en train d’assister non pas à une scène banale de rencontre d’adolescents dans un café, mais à plusieurs en même temps. Les cycles temporels se ressemblent tous à un point tel qu’il est quasi-inutile d’identifier l’itération concernée. C’est un peu là dessus que joue Groundhog Day : la boucle temporelle peut être vue comme une métaphore du quotidien, de la routine : la seule chose qui finit par casser le cercle infernal se trouve être la volonté du personnage principal de s’améliorer.

Time to sleep...

Time to sleep...

Ce plan utilise la trotteuse du réveil comme référentiel : ce n’est pas elle qui effectue une rotation du cadran, c’est le monde qui semble se mouvoir sous son impulsion. Et en effet, c’est le temps lui-même qui tient les personnages en otage ; il est à noter que le générique de fin commence pile au moment où la trotteuse devrait atteindre le nombre 12 (ou, devrait-on dire, au moment ou le 12 devrait atteindre la trotteuse) : le spectateur, privé de la satisfaction de voire la grande aiguille achever sa révolution, se retrouve en quelque sorte dans la peau des personnages qui ne peuvent jamais voir venir le mois de septembre.

Comme le dit si bien Tv Tropes : « Basically, it feels like a Groundhog Day Loop for VIEWERS! At a total length of over 160 minutes, it’s actually an hour longer than Groundhog Day. »

D’aucuns y verront du génie, d’autres du pur foutage de gueule de la part de Kyoani…

kyoani troll

kyoani troll

Bon, et qu’en pense votre serviteur ? Eh bien… je me range totalement du côté des premiers. J’ai trouvé l’idée et son exécution marrantes, expérimentales et – passez-moi l’expression – sacrément couillues. Honnêtement, sortir un arc pareil après des années d’attentes de la part de millions de fans enragés… Il fallait oser. Ils ont osé, et je dis chapeau. D’autant plus que c’est assez relaxant d’apprécier un anime quand nombre d’otakus s’arrachent les cheveux à côté. Aurais-je de viles tendances rebelles ? Bref.

Je précise à tout hasard que cette vidéo est un montage ! \o/ Bon allez, comme je vous aime bien, je vous ai même préparé une comparaison des yukata à travers les 8 Endless Eight. Ca se passe du côté de mon Flickr, et c’est un plaisir pour les yeux :

http://www.flickr.com/photos/imat72/sets/72157622152921856/

Pour conclure cet article, je vais essayer de tenir la promesse à Helia-chama et vous faire profiter de mon habituelle (un bien grand mot mais enfin…) analyse post-moderniste de la chose.

Qui n’a jamais rêvé de rallonger ses vacances, ou de remonter le temps à volonté afin de procrastiner indéfiniment sans peur des conséquences ? Quoi, je suis le seul ? Aidez-moi un peu là…
Endless Eight semble incarner cette tendance, d’une manière certes un peu extrême. Si extrême qu’en fait, l’été éternel qui aurait pu être un paradis devient un enfer, ou du moins une succession de cycles sans originalité et sans saveur (notez que je parle ici du point de vue probable de Yuki, qui est le seul personnage à réellement vivre ce demi-millénaire de vacances). En effet, quand Kyon lui demande quelques précisions sur les itérations passées, Yuki fait un rapport fort détaillé et mécanique de la situation (ex aléatoire : « lors du 12739ème cycle, le festival obon a été omis, etc). Evidemment, il s’agit une caractéristique générale du personnage de Yuki Nagato, mais elle est d’autant plus mise en exergue dans ce cas précis.

Difficile, en fin de compte, de ne pas faire (de nouveau) un parallèle honteusement facile avec Andy Warhol et ses oeuvres industrielles et répétitives…

Warhol's iconic soup cans

Warhol's iconic soup cans

Remplacez finalement chaque boîte de soupe par un cycle temporel, et vous aurez une vague idée du tableau d’ensemble. On peut paradoxalement y voir une critique de la vie moderne et de son rythme répétitif et aliénant, mais aussi l’histoire d’une fille-divinité qui génère un tel canevas à des fins escapistes. L’éternel retour (rien à voir dans ce cas-ci avec la pensée de Nietzsche, encore que…) ne devient plus angoissant, mais rassurant.
On dit souvent que la photographie numérique a permis d’éveiller les talents des consommateurs en leur permettant de prendre un cliché encore et encore jusqu’à ce qu’il soit satisfaisant, d’expérimenter sans craindre de perdre de l’argent, ce qui n’était pas le cas du temps de l’argentique. Haruhi, finalement, ne se comporte pas différemment lorsqu’elle déclenche inconsciemment ce mécanisme d’auto-défense, tel un photographe qui prendrait plus que 15000 photos avant de trouver satisfaction. Cartier-Bresson appelerait sans doute ça le moment décisif (pour rester dans la métaphore, Kyon aurait joué le rôle d’un flash éclairant une possibilité inconnue). Endless Eight n’aurait pas pu se poursuivre à l’infini, car Haruhi n’est pas une oeuvre qui cherche à se défaire de la réalité. Si c’était le cas, la déesse aurait déjà créé un nouvel univers et nous ne serions peut-être pas là pour en parler, n’est-ce pas ?

PS: Peut-être pas de partie 3 à la semaine de grotaku, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas assez de substance pour faire un article.

A bientôt pour une autre analyse complètement barrée d’un animu !

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